La question fondamentale est : quelqu’un acceptera-t-il de transmettre une rémunération à un créateur sans y être contraint ? Dans le modèle conventionnel, les créateurs sont principalement rémunérés par la vente de leurs créations, c’est-à-dire par la transmission « contrainte » d’une rémunération par les consommateurs. Si on ne paie pas, on n’y a pas accès, on est donc relativement contraint de payer.
La question est de savoir si un internaute est potentiellement prêt à débourser quelques centimes pour soutenir un artiste ou un créateur qu’il apprécie. Qu’il l’apprécie, c’est certain. Donnera-t-il pour autant ? En fait, il donne déjà. On ne compte plus les initiatives artistiques ou autres qui trouvent soutien sur internet. Le blogueur Paul Jorion arrive par exemple à récolter entre 2000€ et 3500€ chaque mois depuis mai 20091. L’application iOs d’histoire réalisée par des professionnels est mise gratuitement à disposition et se rémunère par des dons2 depuis septembre 2011. La pratique est courante dans le domaine du logiciel libre. Selon une étude du cabinet Convio3, la croissance de la levée de fond sur internet a cru de 20% en 2010 et de 16% en 2011 aux USA et Canada. Même s’il s’agit ici de don caritatif et que le Projet Nobel vise avant tout le don aux créateurs, on voit que la propension à donner sur internet tend à augmenter rapidement.
Ainsi, la question n’est plus seulement « les internautes donnent-ils ? » mais « donneraient-ils plus s’ils pouvaient donner plus facilement ? ». Le Projet Nobel fait le pari que si une certaine ergonomie est respectée, l’internaute qui ne donne pas encore pourra se mettre à donner, ou s’il donne déjà, à donner plus. Pour cela, plusieurs exigences sont posées au service à développer :
-simplicité : l’internaute doit pouvoir donner très simplement, le temps de cliquer sur un widget et de rentrer son mot de passe
-flexibilité : l’internaute doit pouvoir donner la somme qu’il veut en étant certain que la somme arrive en entier au destinataire. S’il donne 0,30€, 0,30€ et pas un centime de moins arrivent au créateur visé.
-esthétique : il ne faut pas de changement d’environnement qui découragerait l’internaute. Son don doit être fait au sein même de la page du créateur, d’où l’intérêt du widget du type « j’aime » de Facebook.